Journées portes ouvertes à Munster · Vendredi 6 et samedi 7 novembre

—Le procédéRéversibilité & mutabilité

Un bâtimentqui se démonte.

« Réversible » est un mot que tout le monde emploie. Voici ce qu'il recouvre chez nous, à quatre niveaux : comment ça tient sans béton, où c'est déjà démonté et remonté chaque année, ce que l'administration a autorisé sur cette base, et ce que ça ouvre pour un foncier qu'on ne veut plus geler.

Niveau 01 — Technique

Ce quiremplacela dalle.

Un bâtiment réversible n'est pas un bâtiment posé. Il repose sur des fondations, dimensionnées comme telles : la différence est qu'elles se retirent.

Des pieux, pas une dalle

Le module repose sur des lisses bois KVH C24 de 60 × 120 mm en classe d'emploi 4, fixées aux pieux par équerres galvanisées et vis structurales. Le dimensionnement traite le vent, le soulèvement et le glissement — les trois efforts qu'une dalle reprend par son poids et qu'il faut ici reprendre par l'ancrage.

Aucun terrassement

Pas de décaissement, pas de déblais à évacuer, pas de béton coulé sur place. Les pieux se vissent dans le sol en place. Sur un terrain en pente, ils se règlent en hauteur au lieu d'exiger une plateforme.

Quelques heures de pose

Une fois les pieux en place, la mise sur appuis se compte en heures, pas en semaines de séchage. C'est ce qui rend tenable un calendrier calé sur une saison d'exploitation.

Assemblages démontables

Les modules sont assemblés entre eux par organes mécaniques, non par scellement. Ce qui a été monté peut être démonté dans l'ordre inverse, sans destruction — c'est la condition pour que le bâtiment reparte entier plutôt qu'en gravats.

Détail du pied d'un module : un pieu métallique cylindrique porte l'angle du bâtiment, l'herbe haute et des pissenlits montés en graine poussent librement dessous et tout autour
Ce que remplace la dalle, en un point. Un pieu, et l'herbe qui continue dessous. Pas de décaissement, pas de plateforme, pas de sol imperméabilisé — la prairie passe sous le bâtiment. Perspective d'étude, pas la photographie d'un ouvrage livré.

Deux précisions d'honnêteté. Les fondations — pieux vissés comme plots béton — sont chiffrées en option et non comprises dans le prix du module : elles dépendent du sol, qu'on ne connaît qu'après l'étude. Et une étude géotechnique G2 PRO reste nécessaire dès lors que la garantie décennale est mobilisée. La réversibilité ne dispense d'aucune des deux.

Niveau 02 — Démontré

Troissaisons,au contrat.

Le poste de secours de la plage des Granges, aux Sables-d'Olonne, n'est pas conçu pour être démontable : il est démonté. Le marché l'impose, et il l'impose trois fois.

Ce que dit le marché

La consultation 2024v066 de la Ville des Sables-d'Olonne ne porte pas seulement sur la fourniture d'un poste de secours. Son objet comprend la prestation de livraison, montage et démontage, et précise que l'exécution de ces prestations « devra couvrir les saisons balnéaires 2025 — 2026 — 2027 ».

Trois montages, trois démontages, sur un marché de trente-six mois. Le cycle n'est pas une promesse de conception : c'est une ligne du cahier des charges, et une prestation facturée.

Le poste a été livré en juin 2025. Il est le premier poste de secours totalement autonome en eau et en énergie construit en France.

Marché
2024v066 — Ville des Sables-d'Olonne
Objet
Fourniture, livraison, montage et démontage
Durée
36 mois — saisons 2025, 2026, 2027
Surface
49 m², trois modules en L
Urbanisme
Permis de construire temporaire
Site
Domaine Public Maritime, site classé, zone Natura 2000
Validation
Préalable par la DREAL
Le poste des Granges installé pour la saison : façade d'accueil, rampe bois, panneau Handiplage, tiralo jaune et matériel de secours sortis devant l'entrée
Installé pour la saison. Rampe, signalétique, tiralo, matériel sorti : tout cela est monté au printemps et déposé à l'automne. Ce qui reste sur la dune, entre-temps, est ce qui s'y trouvait avant.

Le permis de construire temporaire mérite d'être relevé : il n'existe que parce que l'ouvrage disparaît. Un bâtiment sur dalle ne l'obtiendrait pas, et devrait passer par un permis de droit commun sur un site classé du Domaine Public Maritime — c'est-à-dire, en pratique, ne pas se faire.

Niveau 03 — Réglementaire

Là où lebéton estproscrit.

À Soorts-Hossegor, la question n'était pas de savoir si notre méthode était préférable. C'était la seule qui pouvait être autorisée.

Le terrain appartient au Conservatoire du Littoral

Les travaux s'opèrent « sur des parcelles de la propriété du Conservatoire du Littoral et sur le domaine public ». L'établissement public est le demandeur du permis d'aménager.

Le site est un espace remarquable du littoral

Au sens de l'article L.121-24 du code de l'urbanisme, sur la bande littorale des articles L.121-16 et L.121-17. Seuls y sont autorisés les aménagements légers limitativement énumérés à l'article R.121-5.

Le béton y est expressément interdit

Le dossier le formule sans détour : « la pose de bordures bétons dans un espace remarquable est proscrite ». Pas déconseillée — proscrite.

Le milieu est inventorié

Un diagnostic écologique de 2021 a recensé sur le périmètre 14 espèces végétales protégées et 33 espèces d'oiseaux, dont le Pipit rousseline et le Gravelot à collier interrompu, inscrits à l'annexe I de la Directive Oiseaux.

Le projet a passé l'examen au cas par cas

Arrêté préfectoral du 27 août 2024, décision n° 2024-16270 au titre de l'article R.122-3-1 du code de l'environnement, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites.

Le permis décrit ce que nous livrons

« Tous les modules mis en place seront des modules bois démontables, déplaçables et saisonniers. » Environ 52 m² d'emprise, divisés en trois modules pour permettre le transport, en pin, essence locale.

Une chargeuse télescopique rouge franchit la dune en portant un module encore sous emballage, ganivelles et végétation dunaire de part et d'autre du passage sableux
L'arrivée par la dune. Aucun engin lourd ne peut approcher : le module franchit le cordon porté par une chargeuse. C'est cette image que recouvrent les mots du permis — « démontables, déplaçables et saisonniers » — et c'est aussi le chemin qu'il reprendra en sens inverse.

C'est la preuve la plus difficile à produire sur ce sujet, et la raison pour laquelle nous la détaillons : un constructeur peut affirmer que son bâtiment est réversible. Il ne peut pas s'auto-délivrer une autorisation d'implanter dans un espace remarquable du littoral.

Niveau 04 — Prospectif

Changerde lieu,d'usage.

Le démontage n'est qu'un moyen. Ce qu'il rend possible, c'est qu'un même bâtiment ne soit pas assigné pour quarante ans à un terrain et à une fonction.

Le foncier qu'on ne veut pas geler

Une friche en attente de projet, une parcelle sous promesse, un terrain d'opportunité, une emprise rendue à échéance connue : ce sont des situations où l'on refuse de construire parce que construire engage le sol. Un bâtiment qui repart lève l'objection.

Le même volume, un autre usage

Un poste de secours saisonnier peut devenir un local associatif hors saison. Un bureau devient un logement. Nous fabriquons déjà les deux : le même module porte un local jeunesse à Grésy-sur-Aix, de l'habitat saisonnier au Bourget-du-Lac et des bureaux à Bezannes.

Le zéro artificialisation nette

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 fixe une réduction de moitié de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers sur 2021-2031, puis l'absence d'artificialisation nette en 2050. Une construction démontable sur sol non imperméabilisé ne se compte pas de la même façon qu'une dalle.

Le trait de côte qui recule

Sur les communes listées au titre du recul du trait de côte, tout ouvrage neuf en zone exposée pose la question de sa fin de vie avant celle de sa construction. Un bâtiment qu'on déplace y répond autrement qu'un bâtiment qu'on démolira.

Un mot de prudence sur le dernier point : le décompte de l'artificialisation relève du document d'urbanisme local et de son interprétation par le service instructeur. Nous apportons les caractéristiques constructives et les précédents ; la qualification, elle, se discute au cas par cas — c'est une des questions que nous traitons volontiers en amont d'une consultation.

Un terrain qu'on ne peut pas geler ?

Décrivez-nous le site et la contrainte : protection, temporalité, accès, urbanisme. Nous vous dirons ce qui est constructible et sous quelle forme, avant que la consultation soit rédigée.

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